Teaching Philosophy in the University of the 21st Century
L’enseignement de la philosophie dans l'université du XXIe siècle
This evening I would like to engage in some reflection with you about the place of philosophy in the university of the 21st century. To begin with, there can be no denying that the academic world is, at this time, undergoing a series of sweeping transformations, which themselves offer but a minute foretaste of things to come. In my view, the most important signs of the changes to come are: (1) the emergence of new teaching approaches based primarily on new information and communications technologies, which are bound to complement or diversify traditional modes of teaching; (2) the breakdown of boundaries between academic disciplines and even the break-up of faculty structures in favour of new forms of education that are more open and better able to integrate various levels of knowledge; (3) the unremitting pressure on universities to adapt to the new realities of globalization and the knowledge economy, a trend that goes hand in hand with the ways in which science and leading-edge expertise have, in a way, become the main source of value-added in our economy; (4) students’ ever-diversifying profiles, practices and paths, which are apparent in such trends as life-long learning; an upswing in university attendance by older segments of our population; the demand for shorter, individualized, targeted courses of study; and, last but not least, the growing internationalization of education and training. I shall reserve the last portion of my comments for this subject.
Inévitablement, tous ces changements vont affecter la manière dont nous concevons et réalisons notre tâche d’enseignant et de chercheur en philosophie. Mais avant d’examiner plus avant avec vous l’impact de ces transformations, je voudrais vous faire part de la conviction qui anime mon propos de ce soir : nous aussi, philosophes de profession, professeurs d’université pour la plupart, devrons nous adapter et revoir les modes d’exercice traditionnels du « métier », tant sur le plan de l’enseignement que de la diffusion des résultats de la recherche. En même temps, devant ces phénomènes, la tâche critique de la philosophie se fait d’autant plus pressante, sans doute parce que la nature même de la discipline la rend foncièrement immanente à la conception globale du savoir, dont l’université est en premier lieu l’expression institutionnelle. Une chose est certaine donc : ni l’abandon aux effets de modes et aux tendances du moment, par définition passagers, ni le repli sur une conception fixiste et sub specie aeterni de la discipline n’assureront l’avenir de la philosophie au sein de l’université du XXIe siècle. Les deux approches sont également vouées à l’échec, l’une par prostitution (prostituere, littéralement : exposer avec clinquant sa marchandise au public ! ), l’autre par autisme ou par introversion, et par ignorance d’autrui.
On this point, the past has many instructive examples to offer. The fact is that one cannot help but be struck by the many contingencies that, over the centuries, threatened to engulf the discipline of philosophy or to interrupt the translatio studiorum (I am referring here to the “transfer of studies” or of classical philosophy, first from Byzantium eastward into the Syriac and Arab areas of the Middle East, and thereafter from Arab Andalusia into the universities of medieval Christendom). While philosophy, in Kant’s view, is the product of an essential questioning of human reason and is, for this reason, imbued with a certain permanency, the cultural, academic and even political expressions of philosophy – in short, philosophy’s civilizational foundations – have never rested on such immutable shorings. On this point, it is worth considering a few striking historical examples.
(i) When in 529 C.E. the emperor Justinian closed down the Athens school of philosophy, in particular with the objective of solidifying the religious unity of the Byzantine Empire, there was every reason to believe that the West had definitively turned away from the pursuit of philosophy. At that point, the Middle East, and the Sassanid Empire in particular, opened wide its doors to a small group of philosophers who had entered a largely self-imposed condition of exile – namely, the cohort of Damascius, Simplicius of Silicia, Priscianus Lydius, Hermias et alii. All were philosophers who, under the combined influence of Aristotle and Neo-Platonism, had become for all intents and purposes the only remaining links to the speculative tradition of the Ancient Greeks. Three years later, they returned to the Byzantine fold, settling in the city of Harran in present-day Anatolia, where they again sowed the seeds of philosophy, which nevertheless took some time before yielding any fruit. Indeed, according to Émile Bréhier: “Il faut attendre la fin du XIe siècle pour saisir, dans l’Occident, une réelle reprise de l’activité intellectuelle” (Histoire de la philosophie, t. 1, Antiquité et Moyen Âge, PUF, Quadrige, Paris, (1931), 1983, p. 488). Even Boethius, often referred to as the “last of the Romans,” was unable to complete his project of translating into Latin the works of Plato and Aristotle (which included only a portion of the latter philosopher’s works on logic), thanks to which the foundations of Greek thought would have managed to be passed on during the early Middle Ages.
(ii) En fait, c’est grâce à l’extraordinaire fécondité de la culture arabe, avec l’expansion rapide de l’Islam, que l’Europe pourra véritablement renouer avec cette source nourricière –ce qui soit dit en passant nous rappelle la dette culturelle et conceptuelle de l’Occident envers le monde arabe. La Bataille de Poitiers, en 732 de notre ère, a marqué un cran d’arrêt de l’expansion mahométane en Europe, mais elle a aussi à maints égards contribué à retarder l’expansion de la culture philosophique alors la plus vivace dans tout le bassin méditerranéen et au-delà. On sait par exemple que vers la fin du IXe siècle, un arabe pouvait lire dans sa langue, grâce à la traduction des textes grecs en syriaque réalisée par les chrétiens nestoriens, l’œuvre entière d’Aristote (sauf la Politique ), avec les commentaires de Porphyre, d’Ammonius, d’Alexandre, de Thémistius et de Jean Philopon, de même que quelques-uns des dialogues les plus importants de Platon (dont le Timée, la République et le Sophiste ), alors qu’il faudra attendre le XIIè siècle pour que dans l’Europe chrétienne ces textes soient progressivement rendus accessibles en latin. Dans cette foulée, ce sont les philosophies d’Al Kindi, d’Al Farabi, d’Avicenne et d’Averroès qui vont plus tard donner son essor à la scolastique médiévale, par où l’Europe se réappropriera à son tour l’héritage grec.
(iii) Let us now fast-forward to the 18th century, to an era when the scholastic tradition had, in turn, undergone severe depreciation. In contrast with an ossified brand of philosophy conceived of as a purely academic science, a competing view instead cast philosophy in terms of an intellectual pursuit that should resonate throughout all organized society and culture, striving to embrace all human concerns. Certains vont jusqu’à proposer qu’on abolisse les chasses-gardées du savoir que sont les universités, et qui ont fait obstacle à la diffusion de la philosophie dans le peuple et dans l’espace public. La philosophie universitaire devient dès lors suspecte et se voit opposée l’instance de la Popularphilosophie, plus éclectique et immédiatement communicable. Alors qu’un Kant croit pouvoir élaborer le concept cosmique (Weltbegriff) de la philosophie sans sacrifier l’assise universitaire du savoir philosophique, un Friedrich Schlegel prétend pour sa part que « tous les professeurs devraient être des hommes pratiques, et que par conséquent la philosophie n’appartient aucunement à l’université » (Philos. Fragm., Nr. 523, Philos. Lehrjahre (1796-1806), Krit. Ausg, hg. E. Behler (1958 sq.), 18, 72). Dès après que la philosophie universitaire eut atteint son pinacle, avec l’Idéalisme post-kantien de Fichte, Hegel et Schelling, Schopenhauer lancera à son tour une charge à fond de train contre l’université, en laquelle il verra l’opposé de la promesse d’affranchissement et de libération de la véritable philosophie et une institution foncièrement conformiste et servile. Autant d’exemples historiques donc qui indiquent que l’avenir de la philosophie dans l’université n’a jamais été vraiment assuré…
Chose certaine en tout cas : on aurait bien tort de croire que la philosophie pourra compter sur son ancien prestige pour assurer sa place au sein de l’enseignement et de la recherche universitaire de demain. Il lui faudra plutôt, comme aux époques où la survie de la discipline a été la plus fragile, redéfinir son rôle, et ce au sein même de l’université.
(1) Le premier enjeu qui guette la philosophie, et que j’ai soulevé tout à l’heure, concerne l’évolution des pratiques pédagogiques des institutions d’enseignement supérieurs. Tous les signes sont convergents et laissent voir que l’enseignement universitaire de demain sera davantage délocalisé, davantage axé sur le cheminement individuel de l’étudiant, qu’il reposera sur des modes variés de transmission des savoirs, sur de nouvelles interactions entre professeur et étudiant. Cela paraît d’autant plus déstabilisant que les formes de l’enseignement universitaire, tout bien considéré, n’ont à peu près pas évolué depuis environ sept cents ans ! Le modèle classique du professeur s’adressant à sa classe d’étudiants demeurera sans doute, et il faut y insister, mais seulement comme une pratique parmi d’autres de la pédagogie universitaire.
The advent of the new information technologies and the developments relating to e-learning are now forcing us to rethink how we will pass on philosophical knowledge in the future. Your first reflex might well be to shrink back in horror: “What!? Use distance learning to teach philosophy!? Are you out of your mind!?” Actually, it is perfectly legitimate to wonder whether, ultimately, professor-student dialogue might be reduced to nothingness through the use of teaching methods and strategies based on ITs. At the same time, once you head down that road, you would also do well to ask yourself how many of your students, out of a class of 50 or 100, say, actively participate in the discussion, or engage a personal dialogue with the professor in a way that significantly enhances their education? A short while ago, some of the professors in my faculty conducted an experiment: following each of their class periods, they invited their students to debate a particular issue on the Website dedicated to the course. As it so happened, the great majority of the students took part in these discussions, which quite frankly offered a much freer forum for exchange than is offered by the formal classroom setting. Then, at the start of the following class period, the professor proposed a short summary of the statements posted on the Website and, on this basis, relaunched the previously engaged debate, which became considerably more animated as a result.
En réalité, nous commençons à peine à explorer les possibilités de l’enseignement bimodal ou de l’enseignement à distance. Imaginez l’un de nos concitoyens, peut-être sur le marché du travail, à 150 km de l’université la plus proche, qui souhaite acquérir une formation de base en philosophie. Au nom de quel sacro-saint principe devrions-nous lui refuser l’accès à cette formation si nous pouvons pour notre part le rejoindre via l’enseignement à distance ? Celui-ci se prête à toutes sortes de formules, et mon expérience des dernières années me montre qu’elles sont souvent au moins aussi exigeantes que la formule de l’enseignement en classe.
Mais nous avons encore à inventer le « langage » ou les types d’interaction qui permettront à cette pédagogie de renouveler la dimension dialectique essentielle de l’enseignement de la philosophie. En d’autres mots, il s’agit de voir si l’enseignement à distance peut être autre chose qu’un simple mode de transmission de l’information, et s’il peut donner lieu à des espaces d’échanges indispensables à la véritable formation (Bildung) des esprits. Ce n’est pas une mince tâche, mais c’est une tâche à laquelle nous ne pourrons pas nous dérober. L’Université de Königsberg, où enseignait Kant, comptait en tout et partout quelque 300 étudiants. L’université de masse que nous connaissons depuis cinquante ans en compte souvent plusieurs dizaines de milliers, et elle cherche encore à étendre la diffusion des savoirs, ce qui en soi est une bonne chose. La question est de savoir comment la philosophie pourra rejoindre un nombre sans cesse croissant d’étudiants et de citoyens, et les former à une réflexion rigoureuse et autonome.
(2) I shall be brief concerning my second point – that is, the need for philosophy to remain at the confluence of all forms of knowledge. Our discipline is blessed with one, not inconsiderable advantage – namely, its permeability to all the other fields of intellectual inquiry. I believe it is, moreover, an advantage that philosophy has been steadily rediscovering of late. I am referring in particular to the capacity of philosophy to create bridges between branches of knowledge. I am referring as well to the ability of philosophy to remind us that human existence, in both its individual and social dimensions, encompasses the entire field of symbolic meaning and thus embraces truth, moral good, and the expressive, aesthetic dimension of existence. Philosophy also reminds us that none of these fields can be ignored without also triggering serious pathologies and imbalances. The plethora of demands for ethics education and training we have received over the last 15 or so years offers telling witness, I believe, to the need among the sciences to open up to a more critical examination of the entire set of scientific practices. Similarly, our concern for the survival of the planet compels us to develop, alongside a range of expertise in such areas as climatology, physical geography, Arctic and northern studies, an in-depth examination of the historical relationship linking man to nature, and of our responsibility toward the future generations of humankind. These are themes that fall outside of the purview of individual sciences and concerning which a philosophical perspective can make an indispensable contribution. And, to take one last example, the challenges of greatest import for modern democracies and citizenship, which more than ever have to grapple with issues surrounding the relationship to difference and the diversity of life choices, are in a certain way beyond the grasp of the legal and social sciences. Obviously these disciplines are qualified to propose analyses of such phenomena, but at the same time they are prevented by the limitations of their methods from conceptualizing the rational foundations of a just and well-ordered society. Here, then, is an area where social and political philosophy have, in their own original way, their work cut out for them. In short, the banner word of pluridisciplinarinity might well hold out a unique opportunity for philosophy. The need for diverse, intersecting, multifarious thought has thrown open to question, for the first time since the late 19th century, the future of science as it was ingeniously described by Max Weber in terms of the concept of Zweckrationalität – namely, a purposive or means/end rationality that grows more and more specialized and that departs further and further from the question of meaning. It remains to be seen, however, whether philosophy will answer this call, which will also entail entering the fray and experiencing occasional dizziness upon reconnoitring the various scientific discourses in all their complexity.
(3) Pour aborder mon troisième point, qui touche à la conception utilitaire de l’université, je me permettrai encore une fois un détour historique. L’Universitas médiévale, contrairement à ce qu’on croit souvent, n’a jamais désigné l’ensemble universel de tous les savoirs, mais un simple regroupement de personnes, maîtres et élèves, se consacrant à diverses sciences. Notre conception contemporaine de l’université est en un sens plus exigeante, puisqu’elle s’assure généralement que l’organisation des disciplines et des écoles recouvre l’ensemble de l’univers humain du savoir. Mais nous sommes aujourd’hui très loin de l’université de Wilhelm von Humboldt et de la valeur intrinsèque qu’elle accordait à l’autonomie des savoirs dans la multiplicité des sciences. De nos jours en effet, on insiste de plus en plus pour que l’université produise un savoir applicable et utilisable, qu’elle crée de la valeur socio-économique en retour des investissements étatiques qui y sont consacrés. Pour plusieurs, c’est aux niveaux inférieurs du système d’éducation qu’il appartiendrait de former les esprits et d’ouvrir le jeune à ce qui est plus grand que lui, mais c’est à l’université qu’il reviendrait de développer des compétences spécialisées, utiles et socialement productives…
Parmi tous les savants réunis en cette ville ces jours-ci, le philosophe est sans doute celui dont le rôle est le plus difficile à saisir, et particulièrement à l’aune de cette commande sociale du savoir. C’est ce que Platon avait parfaitement compris dans le portrait paradoxal et contrasté qu’il nous présente de la figure du philosophe. Dans le Théétète, le philosophe est celui qui doit « fuir d’ici le plus vite possible » (176 a) pour se tourner vers les réalités intelligibles, alors que dans la République, il est présenté comme le véritable législateur qui peut seul construire la Cité juste. Dans le Phédon, il est celui qui s’est désencombré des sollicitations du corps et ne vit plus que dans la spiritualité de l’âme; le Théétète le décrit encore comme un marginal, en retrait de la vie sociale habituelle (172 c-177 c) et condamné à demeurer sans influence sur le cours des choses politiques. Dans le Politique, au contraire, il est celui qui, par sa connaissance des principes, réalise la synthèse du gouvernement et de la véritable « science politique ».
Il n’est pas insensé de ramener ce portrait à la dichotomie de l’engagement et du désengagement, à la figure du philosophe impliqué dans la vie de la Cité et du philosophe en retrait qui, à la faveur de la skhôlè, peut se consacrer à la vie de l’esprit. Si Platon peut assumer cette opposition apparente entre l’engagement et le désengagement, c’est qu’il conçoit entre les deux une médiation qui garantit l’unité de la vie philosophique : celle du « ressouvenir » (anamnesis ) des Idées, qui est la condition même de la vie juste et de la justice politique…
Quite obviously, it is an entirely different situation that appears with respect to the configuration of the philosopher’s “craft” in the contemporary university. At this time, philosophy’s most immediately useful contribution is broadly associated either with ethics or with participation in the democratic debate, through the contributions of political philosophy, notably. So-called “useless” philosophy (the word “useless” being surrounded by inverted commas, of course) – in other words, the variety of philosophy that does not initially appear to create some form of social value-added – is generally the province of erudition, the history of metaphysics and ideas, etcetera. In his official address of year 2000, past president Steven Davis pointed out that the two “most-favoured” areas of philosophical research in Canada were value theory (or ethics, very broadly speaking) and the history of philosophy. I think you will agree that very little in this appraisal has changed in the past seven years.
Entre le « désengagement » de l’érudition et l’engagement éthico-politique de la philosophie, devrons-nous choisir afin de répondre à la commande sociale adressée à la philosophie ? Ce serait une erreur fatale que de nous laisser définir en fonction de cette fausse dichotomie ! Il n’y a pas d’opposition entre érudition et actualité. Nous dépendons les uns des autres pour faire comprendre l’urgence de la philosophie et sa tâche essentielle, que Husserl comprenait comme « une lutte de l’humanité pour se comprendre elle-même ». Cela veut dire que dans cette visée d’intelligence, il n’y a pas à choisir entre la perspective du médiéviste et celle de l’éthicien des affaires. Si la philosophie reste en principe ouverte à la totalité de l’expérience humaine, elle a besoin pour demeurer pertinente de reprendre ses bases historiques et de les féconder dans les interrogations présentes. Le débat actuel sur la religion et la laïcité nous fournit un bel exemple. Ici, l’apport du philosophe politique est indissociable de l’expertise du philosophe des religions, qui possède les meilleurs instruments pour nous prémunir contre les jugements à l’emporte-pièce. De même, les inquiétudes existentielles et métaphysiques de nos contemporains ont besoin pour se satisfaire de plonger dans les ressources symboliques extrêmement vastes de l’histoire de la philosophie. En ce sens, la philosophie a aussi pour tâche de contrer l’illusion de la contemporanéité absolue de la pensée. Je sais que c’est un diagnostic qui n’est pas partagé par tous, mais j’ai l’intime conviction que la philosophie, qui n’a pas de méthode propre, a quelque chose de bien plus précieux qu’une méthode ou un mode d’emploi : elle a une histoire d’une richesse inouïe, qui avec les grandes religions a constitué le sédiment essentiel de nos conceptions symboliques du monde. Cet héritage est tout sauf une collection de doctrines dépassées et surannées : il est d’abord un langage, un univers de concepts qui, depuis leur lointaine transmission, forment encore l’assise de la pensée contemporaine et continuent à maints égards de la façonner. La philosophie risquerait donc rapidement de devenir un savoir plat et mal assuré si elle devait sacrifier ce travail historique.
(4) Quickly, I should like to touch on one last factor in the transformation of the academic world that is certain to produce repercussions on philosophy teaching and research. I am referring to the internationalization of studies and academic nomadism, whereby more and more of our students are, more and more quickly, roaming from one university to another to complete their education. As the result of today’s international mobility, the traditional frames of reference known as the “department,” the “home university” or alma mater, have all lost some of their former solidity. This situation now commands that we step up our efforts at co-operation and collaboration and that we demonstrate a greater sense of daring and imagination in networking our resources. Concerning this point, Canada’s universities have turned in a rather underwhelming performance, particularly in comparison with that of Europe, which has taken a huge lead over us. During the last ten years or so, the Europeans have been developing a multitude of university consortium projects with the objective of offering students joint, international programs of study leading to a dual degree, and of fostering more dynamic exchanges between colleagues, who will have to “share” their students rather than to fight over them. When you stop and think that even the US Ivy League universities have begun to set up such consortiums, you can only regret all that more deeply Canada’s lag in tackling this reconfiguration of the academic world, which extends far beyond revamping programs of study abroad and which includes, notably, the establishment of common (“core”) programs and new modes of degree-earning and -awarding.
J’ai simplement voulu suggérer, dans ce survol rapide et un peu éclaté, que nous ne pourrons pas éviter de nous interroger sur les transformations de nos pratiques éducatives. Il me semble que notre Association devrait être davantage sensible à cet enjeu et qu’il y aurait lieu, lors de nos congrès annuels, d’y consacrer un colloque ou une table ronde. Nous aurions tout à gagner, en fait, à partager nos réflexions et nos conceptions diverses sur ce que devra être demain l’enseignement de la philosophie. Il y va ni plus ni moins de l’avenir de notre discipline dans l’université du XXIe siècle.
Luc Langlois
Président ACP/CPA, 2006-07